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Edition 2013 et antérieures

Sciences humaines et sociales : Développement humain et cognition, langage et communication (Blanc SHS 2) 2010
Projet FeelInControl

Le sentiment de contrôler sa propre action: une approche comportementale chez le volontaire sain et dans la pathologie mentale.

Les altérations cognitives ont un impact important sur le fonctionnement psychosocial des patients souffrant de schizophrénie et de troubles bipolaires. Remédier à ces déficits sera donc d’un grand bénéfice. Cependant, malgré des progrès importants, les mécanismes des troubles et leur relation avec les symptômes cliniques restent largement méconnus. Il faut encore définir quels déficits doivent être remédiés en priorité, et quels troubles cognitifs diffèrent chez les patients schizophrènes et bipolaires. Ces difficultés s’expliquent notamment par le fait que même chez les sujets sains, les mécanismes des comportements complexes sont mal compris. Ici, nous explorons le sentiment de contrôler son action, qui pourrait jouer un rôle important dans l’émergence du délire d’influence lors des phases aiguës de psychose, particulièrement dans le cas de la schizophrénie: ces patients ne se reconnaissent pas comme l’auteur de leurs actes ou pensées, qu’ils attribuent à une source externe.
Nos études antérieures ont identifié deux mécanismes ‘élémentaires’ qui sont altérés chez des patients stabilisés et pourraient jouer un rôle dans le sentiment de contrôler une action volontaire : 1) le traitement de l’information sensorielle, et 2) la capacité à construire des représentations mentales pour l’action. Nous testerons ces mécanismes chez les sujets sains et les patients schizophrènes et bipolaires. L’inclusion de 2 groupes de patients permettra de vérifier la spécificité des altérations dans la schizophrénie. La distinction entre patients avec ou sans antécédent de délire d’influence permettra d’approfondir les liens entre déficits cognitifs et symptômes cliniques, et de distinguer les effets de la pathologie de ceux du traitement, sachant que la majorité des patients est sous neuroleptiques. Le projet bénéficiera de méthodes originales issues de multiples disciplines, telles que la réalité virtuelle et plusieurs champs de psychologie expérimentale: temps, perception visuelle et contrôle moteur.
Quand une action est planifiée, ses conséquences sensorielles sont prédites et comparées au retour sensoriel réel. La congruence entre ces informations contribue à faire émerger le sentiment de contrôler son action. Selon notre première hypothèse, ce sentiment est diminué chez les patients parce qu’ils perçoivent moins bien l’information sensorielle, notamment temporelle. Nous utiliserons un équipement haptique en environnement de réalité virtuelle pour réaliser des tâches de pointage. Les développements logiciels permettront d’avancer ou de retarder le retour haptique, et de mesurer ainsi la détection d’une distorsion temporelle. Qui plus est, l’adaptation d’une action qui suit une distorsion sub-liminaire indiquera si même la perception subliminaire est perturbée chez les patients.
La seconde hypothèse concerne la capacité à construire une représentation pour l’action. Ici, nous utiliserons des méthodes innovantes issues du champ de la perception visuelle afin de manipuler la complexité de la représentation à construire dans le cas d’une tâche manuelle ou oculomotrice. Ces tâches seront réalisées avec ou sans retour sensorial phasique afin de tester l’impact d’une difficulté de planification isolée ou associée à des troubles sensoriels. L’environnement de réalité virtuelle permettra de tester facilement la sensation que les sujets ont de contrôler leur action (chacun a fait l’expérience d’une difficulté à contrôler la souris d’un ordinateur). Les sujets évalueront leur sentiment de contrôle sur des échelles visuelles analogiques. Le projet permettra de répondre à 1) des questions fondamentales concernant l’intégration multisensorielle et les mécanismes élémentaires du sentiment de contrôler ses actions, et 2) à des questions appliquées concernant la physiopathologie des maladies mentales. De plus, le projet permettra le développement de méthodes de remédiation originales impliquant la manipulation des informations visuelles et haptiques.

PARTENAIRES

PPCS INSERM GRAND EST

PPCS INSTITUT NATIONAL DE LA SANTE ET DE LA RECHERCHE MEDICALE - DR GRAND EST

URECA UNIVERSITE CHARLES DE GAULLE LILLE III

IGG - LSIIT UMR 7005 UNIVERSITE DE STRASBOURG

LINC UNIVERSITE DE STRASBOURG

Aide de l'ANR : 257 938 euros
Début et durée : février 2011 - 48 mois

 

Programme ANR : Sciences humaines et sociales : Développement humain et cognition, langage et communication (Blanc SHS 2) 2010

Référence projet : ANR-10-BLAN-1903

Coordinateur du projet :
Madame Anne GIERSCH (INSTITUT NATIONAL DE LA SANTE ET DE LA RECHERCHE MEDICALE - DR GRAND EST)
giersch@nullalsace.u-strasbg.fr

 

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L'auteur de ce résumé est le coordinateur du projet, qui est responsable du contenu de ce résumé. L'ANR décline par conséquent toute responsabilité quant à son contenu.