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Edition 2013 et antérieures / Archives

Onze axes thématiques potentiels avaient été identifiés lors de l'ARP, quatre entrées ont été retenues pour le programme TRANSMED

L’aspect systémique de l’objet de recherche et ses nombreuses dimensions thématiques obligent à avoir de nombreux axes de concentration thématique, séparés mais aussi liés entre eux. Un des objectifs du programme étant d’aborder la complexité de cet objet de manière transdisciplinaire, la présentation en « axes » a été faite de manière à ne pas faire correspondre une thématique avec une seule discipline (ce qui aurait abouti à constituer une sorte de collection de disciplines et de thématiques sans investissement sur les liens systémiques), mais afin de traiter de grands sous-ensembles thématiques du système global ayant leur cohérence propre et faisant donc nécessairement appel à des recherches transdisciplinaires. La présentation en axes thématiques crée inévitablement des zones d’interfaces communes à plusieurs axes et crée aussi des zones peu explorées. Ces axes peuvent donc être étendus à des thèmes plus larges, cette présentation n’étant qu’une invitation à entrer dans la problématique d’ensemble qui peut être adaptée.

- AXE 1 - SOCIETES ET TERRITOIRES

Les pays du Nord ont une natalité faible. Les pays du Sud de la région connaissent, depuis une quarantaine d’années, une transition démographique rapide qui n’a pas prévenu le développement d’une « youth bulge » (bulle de population de jeunes), mais qui est désormais en voie de résorption, entrainant notamment une  décroissance de la pression sur le marché de l’emploi. L’évolution au long cours de la population aura des conséquences de tous ordres qu’il convient dès maintenant d’observer, dont certaines sont déjà perceptibles : concentration dans les villes, changement de la taille de la famille, évolution des modes d’autorité au sein de la famille et du périmètre des solidarités familiales, effets sur l’épargne et sur l’investissement, sur les comptes sociaux et sur les migrations internationales.

Les mouvements de population ont toujours existé dans l’histoire au sein du monde méditerranéen. Les causes des migrations des dernières décennies ont été abordées en termes démographiques et économiques : migrations dues à l’emploi, à l’enseignement supérieur, au regroupement familial, au tourisme, à l’émergence de résidences de vieillesse, à l’exode rural, aux changements environnementaux ainsi qu’aux conflits politiques et militaires… Ces mouvements doivent être aujourd’hui analysés plus largement dans leurs ressorts : affirmation de soi, émancipation, entretien du lien diasporique, mutations sociales… En outre, des mécanismes intégratifs se dessinent : les pays du Sud sont partie intégrante des politiques migratoires, les communications électroniques créent une circulation serrée des correspondances, et s’est constitué un espace relationnel dense tant au plan économique qu’au plan culturel. L’emploi reste, bien évidemment un ressort important ; on peut dès lors s’interroger sur les conditions locales d’émergences de formes d’organisation économiques et sociales créatrices d’emplois ?

Les ruptures économiques, financières, politiques et stratégiques actuelles bouleversent les conditions de la vie publique et institutionnelle de plusieurs pays méditerranéens. Comme toute dynamique révolutionnaire et contestataire, la période est propice au débats d'idées et à l'expression d'aspirations variées et parfois contradictoires. Ce climat d'effervescence traduit une volonté d'ouvrir de nouveaux espaces de réflexion et d'action sur l'avenir des systèmes politiques à même de redéfinir les fondements du contrat social : pour le Sud, tendance d’une partie de la population à la sécularisation, aspiration à la démocratie, rôle croissant des femmes dans la vie sociale ; au Nord, interrogations contradictoires sur l’avenir de l’Etat providence, et sur les perspectives à long terme pour la jeunesse.
Ces transitions politiques, sociales et économiques seront sans doute longues, complexes et contrastées. Elles méritent un suivi et des analyses à la fois longitudinales et multi-sites, permettant d'observer la diversité probable des évolutions. On peut aussi dans ce contexte s’interroger sur les futures convergences ou divergences entre les différentes sociétés méditerranéennes.

Carrefour culturel et géographique, la Méditerranée est aussi un très grand espace d’accueil et de mobilité touristique mettant en relation principalement les sociétés du Nord et du Sud. Le nombre de visiteurs augmente de manière très rapide et la projection à long terme  (plusieurs centaines de millions de personnes d’origines de plus en plus diverses) devrait faire du tourisme un fait social et économique majeur avec entre autres des conséquences environnementales et sanitaires. Le tourisme conventionnel aboutit déjà à une forte concentration locale de population sur les zones littorales, à une forte consommation de ressources quelquefois rares (eau, aliments, énergie,…), à des pollutions et à des formes de modification des sociétés locales. Un tourisme novateur est sans doute nécessaire, mais il reste à définir et à évaluer (voir l’ARP Futouromed). Tout autant qu’une attention à des formes novatrices de tourisme, il convient aussi de mieux apprécier les effets de repositionnement identitaire et de redécouverte des valeurs patrimoniales et historiques de leur territoire qu’induisent ces afflux de visiteurs sur les sociétés locales, et qui peuvent aussi bien durcir des oppositions qu’ouvrir des espaces de capillarité entre visiteurs et visités.

- AXE 2 - GESTION DURABLE DES RESSOURCES

Un tiers des 430 millions d’habitants des pays riverains vivent sur le littoral. Cette concentration, notamment dans les grands ensembles urbains, crée des difficultés de concurrence foncière entre activités, de la compétition sur les ressources en eau, des pertes de très bonnes terres agricoles et des pollutions des milieux lagunaires et de la mer. Se pose le problème des risques associés aux évènements climatiques et telluriques extrêmes, et à plus long terme des conséquences de la montée des eaux de mer. Les politiques permettant de revaloriser les arrière-pays sont, là aussi indispensables ainsi que les politiques de gestion intégrée des zones côtières et des bassins versants qui leurs sont liés. Leur élaboration demande des bases de connaissances croisées et d’expériences préalables dans les domaines biophysiques, sociétaux et politiques.

Les écosystèmes continentaux méditerranéens sont soumis à des pressions croissantes liées aux modifications d’utilisation des terres, à l’évolution démographique et aux changements environnementaux, en particulier climatiques. Leurs dégradations, voire leurs disparitions, mettent en péril les ressources, biens et services, qu’ils procurent. Les menaces majeures sont la désertification, l’érosion hydrique des sols, l’érosion de la diversité biologique en termes d’espèces et de populations animales et végétales remarquables. Les questions importantes sont : l’impact des changements environnementaux sur le cycle hydrologique et les ressources en eau ; les risques liés aux évènements extrêmes (inondation, sécheresse, incendie…) ; les modalités d’aménagement et la gestion des milieux dans un contexte multi usages ;  la conception de nouveaux modes de gestion de l’eau assurant une plus grande équité et une meilleure efficience de l’utilisation de la ressource ; la connaissance des interactions couverts végétaux / eaux / sols ; et la gestion intégrée à l’échelle des territoires.

- AXE 3 - SECURITE ALIMENTAIRE, ALIMENTATION, SANTE

Quelle sécurité alimentaire à long terme ? Les terres arables et irrigables sont déjà presque toutes utilisées et les ressources en eau sont de plus en plus rares. Dès lors que la population augmente, les déficits alimentaires vont empirer et les échanges commerciaux s’amplifier. Le changement climatique pourrait aggraver la situation. Y a-t-il des solutions nouvelles afin que le Sud de la Méditerranée limite sa vulnérabilité alimentaire ? Quels sont les scénarios possibles de coopération entre le Nord et le Sud de la Méditerranée dans ce domaine ? Quelles sont les conditions de développement de productions alimentaires utilisant les savoir-faire locaux et valorisant les produits de terroir afin de contribuer simultanément à la qualité de l’alimentation des populations et à l’activité économique de l’arrière-pays ?

Les pays de la Méditerranée connaissent une évolution alimentaire caractérisée par un surcroît de consommation de graisses animales et végétales qui, ajouté à la large diffusion de boissons sucrées et à une modification des modes de vie, aboutit à un accroissement de l’obésité, du diabète et de leurs complications cardio-vasculaires. Le « régime méditerranéen » apparaissait comme un véritable capital comportemental limitant la progression des ces maladies métaboliques. Mais son abandon rapide expose les populations à ces maladies dont la diffusion revêt un caractère d’explosion épidémique générant des questions de santé publique sans précédent. A ces dérives alimentaires s’ajoutent, au Sud, les risques liés à la consommation d’eau dont la qualité n’est pas garantie. L’urgence de politiques nutritionnelles ne fait pas de doute. Cette « épidémie » doit être analysée dans ses causes profondes et des hypothèses de solutions formulées y compris en termes d’éducation.

- AXE 4 - CRISE SYSTEMIQUE EN MEDITERRANEE

L’ensemble des processus évoqués dans les axes thématiques qui précèdent est caractérisé par de fortes inter relations entre les différents domaines dont l’étude est ici privilégiée. Une description du système d’ensemble demanderait d’inclure d’autres domaines disciplinaires et d’autres entrées thématiques. L’objet de ce dernier axe est donc d’élargir la perspective d’analyse géopolitique pour aborder la compréhension des dynamiques qui traversent la région Méditerranée. Il s’agit de comprendre les dynamiques propres des sociétés de toutes les rives et de leurs économies, de leurs interactions, et de replacer les évolutions politiques dans un contexte explicatif large. Il s’agit aussi de mesurer l’importance des contraintes propres à leurs milieux naturels, contraintes qui sont quelquefois insuffisamment prises en compte dans les travaux d’analyse.


 

 

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