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Biologie des animaux, des végétaux, des micro-organismes et adaptation aux changements environnementaux (DS0501) 2015
Projet AROME

Aptitude à la reproduction et odeur de mâle entier chez le porc

La pression sociétale pour l’abandon de la castration chirurgicale chez le porc engraissé a conduit les porteurs d’enjeux de la filière porcine au sein de l'Union Européenne à signer une déclaration volontaire pour mettre fin à la castration chirurgicale des porcs à l’horizon 2018, sous réserve de résoudre les problèmes posés par les alternatives à la castration. L’abandon de la castration sera bénéfique :
- pour le bien-être animal en réduisant des pratiques d’élevage sources de douleur ;
- pour les éleveurs de porcs, la castration pouvant être considérée comme une tâche désagréable, mais aussi parce que les verrats ont une meilleure efficacité alimentaire, ont une meilleure vitesse de croissance et sont plus maigres d’où une amélioration potentiel du revenu de l’éleveur ;
- pour l'environnement car les porcs mâles entiers excrètent moins d'azote et de phosphore et ont une moindre contribution au réchauffement climatique grâce à une meilleure efficacité alimentaire.
En résumé, ce changement de pratique pourrait largement améliorer la performance environnementale, sociale et économique de l’élevage porcin, mais n’est malheureusement pas sans conséquences néfastes sur la qualité de la viande en raison de « l’odeur de verrat » développée par certains mâles entiers. Respecter le bien-être des porcs sans affecter la qualité du produit est en l’état actuel des connaissances un délicat compromis à établir.
L'odeur de verrat est une odeur désagréable de fécès ou d’urine qui est libérée lors de la cuisson de la viande. Depuis plusieurs décennies, il est établi que l’odeur de verrat est liée principalement à l’accumulation dans les tissus gras de deux composés : l’androsténone et le scatol. L’une des premières raisons pour castrer les jeunes verrats est d’éviter le développement de cette odeur désagréable.
La proportion de carcasses contaminées dépend de nombreux facteurs, y compris génétiques. La sélection de lignées développant un faible risque d’odeur de verrat est considérée comme la solution la plus souhaitable à moyen/long terme. Une telle sélection permettrait d’envisager l’abandon de toute forme de castration, que ce soit chirurgicale ou immunologique, dans l’élevage conventionnel.
Bien qu'il ait été mis en évidence que la sélection contre l'odeur de verrat est réalisable, elle n’a jamais été mise en œuvre dans les schémas de sélection, pour deux raisons principales. Premièrement, jusqu'à présent, les odeurs de verrat était maîtrisées via la castration. De plus, l'odeur de verrat est un caractère difficile et coûteux à mesurer. Deuxièmement, une sélection directe contre l'odeur de verrat est susceptible de détériorer l’aptitude à la reproduction des animaux. Le défi est donc de promouvoir une sélection efficace contre l'odeur de verrat, sans dégrader les caractères de reproduction en particulier sans augmenter la proportion d'animaux ayant des échecs de reproduction.
Actuellement, le seul moyen fiable de mesurer l'odeur de verrat est de collecter un échantillon de gras avec un dosage long et coûteux de l'androsténone et du scatole. La méthode du ‘nez humain’ est une option pour le tri carcasses à l'abattoir mais les résultats ne sont pas encore totalement fiabilisés et son efficacité en sélection reste à consolider. Dans tous les cas, l'état de maturité sexuelle à l'abattage est inconnu et il est impossible de différencier les animaux avec un retard de puberté des animaux avec un véritable faible risque d’odeur même complètement mature sexuellement.
Le projet AROME a pour objet d'acquérir des connaissances nouvelles sur la relation entre le risque d’odeur de verrat et les caractères de reproduction du verrat pour développer des méthodes efficaces de sélection. Les entreprises de sélection pourront répondre ainsi à l’enjeu stratégique d’améliorer le bien-être des animaux, de réduire l'impact environnemental de la production porcine, sans nuire à la viabilité économique à long terme.

Partenaires

Bioporc Bioporc

INRA GenESI Génétique, Expérimentation et Systèmes Innovants

INRA GenPhySE Génétique, Physiologie, Système d'élevage

 IFIP- INSTITUT DU PORC

INRA PEGASE Physiologie, Environnement et Génétique pour l'Animal et les Système d'Elevage

Aide de l'ANR 395 505 euros
Début et durée du projet scientifique octobre 2015 - 42 mois

 

Programme ANR : Biologie des animaux, des végétaux, des micro-organismes et adaptation aux changements environnementaux (DS0501) 2015

Référence projet : ANR-15-CE20-0008

Coordinateur du projet :
Madame Catherine Larzul (Génétique, Physiologie, Système d'élevage)

 

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L'auteur de ce résumé est le coordinateur du projet, qui est responsable du contenu de ce résumé. L'ANR décline par conséquent toute responsabilité quant à son contenu.