L'Agence nationale de la recherche Des projets pour la science

Translate this page in english

FACING SOCIETAL, CLIMATE AND ENVIRONMENTAL CHANGES (SOCENV)
Edition 2013


NATCAT


Les changements environnementaux et leurs catégories d'analyse

Natcat
Les changements environnementaux et leurs catégories d’analyse

Le concept d'Anthropocene
L’Anthropocène, du néologisme forgé par Paul Crutzen en 2000, était mentionné dans le projet initial comme un simple élément de contextualisation du débat sur la nature. Dans cette deuxième phase de Natcat, il s’est affirmé comme un concept central pour mettre à l’épreuve les catégories philosophiques, éthiques et historiques de qualification de la nature. Les chercheurs de Natcat ont joué un rôle de premier plan dans la mobilisation des sciences humaines et sociales en France et à l’étranger : - colloque international “Comment penser l’anthropocène? Anthropologues, philosophes et sociologues face au changement climatique.” - - Mobilisation de l’ensemble des chercheurs lors de la COP21 - soumission d'articles à la revue Annales. Histoire et sciences sociales

confrontation interdisciplinaire des catégories d’analyse des changements environnementaux
En parfaite cohérence avec le document scientifique initial, et succédant à une première phase plus lente de mise en place du projet, les chercheurs de Natcat sont montés en puissance sur l’interprétation et l’élaboration des catégories d’analyse. Le jeu des citations et la discussion de catégories communes montrent les échanges entre partenaires : - - Wilderness, nature, environnement, biodiversité. - sur care et environnement

Résultats

NATCAT a permis le développement du concept de l’Anthropocène sur de nouveaux terrains et disciplines qui réunissent les 3 partenaires (philosophie, éthique, histoire).
Le programme a permis l’articulation des recherches sur l’environnement et de l’éthique du « care » par l’organisation de plusieurs colloques et séminaires. Plus généralement, les recherches sur les catégories de la nature ont ouvert vers une reprise des questions de genre et de l’écoféminisme à partir d’approches nouvelles.
Une série d’actions émergentes ont permis d’articuler la question de la nature à celle de la participation citoyenne aux choix environnementaux et vont se poursuivre en 2016-17.
Le Prix François Sommer 2016 a été attribué à G.Quenet pour son livre Versailles, histoire naturelle.
L’exposition « Terre natale » s’est déroulée au Palais de Tokyo pendant la COP21 et va se déplacer en Australie.

Perspectives

Le projet avance à un bon rythme, comme en témoignent les livrables et les publications. Par rapport au document scientifique initial, des réorientations conceptuelles ont été opérées mais elles nous semblent scientifiquement justifiées, par exemple le déplacement de la catastrophe à l’Anthropocène ou l’importance prise par la notion de care. Les objectifs seront donc atteints dans la durée impartie à Natcat.

Productions scientifiques et brevets

Sandra Laugier, Genre et inégalités environnementales : nouvelles menaces, nouvelles analyses, nouveaux féminismes (Introduction), Catherine Larrère,, La nature a-t-elle un genre?«, Sandra Laugier, « Care environnement et éthique globale » dans Les Cahiers du genre, 59, 2015, Genre et Environnement, Nouvelles Menaces, Nouvelles Analyses au Nord et au Sud.
Organisation du colloque « Résistances de la Nature », Sorbonne, Paris 27-28 juin 2016, co-organisation R. Beau, S. Guérard de Latour , S. Laugier, V. Nurock (LabTop et Phico).

William Cronon, Nature et récits. Essais d’histoire environnementale, présenté par Grégory Quenet, Editions Dehors, 2016.
1. Rémi Beau, « From Wilderness to Ordinary Nature : a French View on an American Debate », (Environmental Ethics, vol. 37, 2015)
2. Catherine Larrère Responsabilité à l'égard des générations futures et Justice intergénérationnelle« in Philosophy, Law and Environmental Crisis, Workshop of the Swiss Society of Law and Social Philosophy, September 12-13, 3014, Swiss Institute of Comparative Law, Lausanne, Stuttgart, Franz Steiner Verlag, 2016, p. 47-59.
3. Catherine Larrère «Justice et environnement : regards croisés entre la philosophie et l'économie«, dossier Justice et environnement, Revue de philosophie économique, Vrin, volume 16, n° 1, juin 2015, p. 3-12.
4. Sandra Laugier, « Politics of vulnerability and responsibility for others », Critical Horizons Volume 17, 2016 - Issue 2 The Politics of Vulnerability
5. Guillaume Blanc et Grégory Quenet (dir.), « Les études éthiopiennes et l’environnement », numéro spécial Etudes rurales, janvier-juin 2016, n° 197
1. Sandra Laugier, Etica e politica dell'ordinario, LED Edizioni Universitarie, 2015.
4. Grégory Quenet, « Les trois écologies de Versailles », in Jérôme Lamy (dir.), Anthropologie historique de la nature, Rennes, PUR, (à paraître)

Partenaires

CHCSC / OVSQ Centre d'Histoire Culturelle des Sociétés contemporaines / Observatoire de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines

LabTop - U-Paris8 Laboratoire Théories du Politique

PHICO - U-Paris1 Philosophies Contemporaines

Aide de l'ANR 255 832 euros
Début et durée du projet scientifique janvier 2014 - 42 mois

Résumé de soumission

Ce projet vise à interroger les catégories qui informent nos perceptions des changements environnementaux comme des dynamiques qui répartissent continuités et discontinuités entre l’homme et son environnement. L’objectif principal est donc de dépasser le dualisme entre changement environnemental et changement social et culturel, qui informe les ontologies occidentales, en comprenant comment celui-ci est produit et, dès lors, peut être recomposé. En d’autres termes, comment ces catégories sont-elles produites par des êtres humains, négociant et luttant avec des acteurs humains et non-humains autour de la manière dont cet environnement doit être possédé et compris, et définissant leurs notions de communauté politique et culturelle, le tout dans un contexte de contraintes environnementales et économiques en mouvement ?
L’originalité du consortium consiste à associer des communautés de recherche disciplinaires, qui disposent déjà d’une réelle expérience et maturité sur les enjeux environnementaux, pour, non seulement développer une approche interdisciplinaire, mais surtout composer un espace commun qui n’existe pas encore et aura des effets durables sur l’organisation de la recherche. Aucun des projets de recherche financés par le programme « CEP&S » puis par SOC&ENV, n’a encore associé historiens, philosophes, politistes, agro-écologue et américanistes, dans une structure de recherche interdisciplinaire (l’Observatoire de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines, hôte du projet) capable de les faire dialoguer avec les spécialistes des changements environnementaux et climatiques issus des sciences de la nature.
La méthodologie d’analyse des fondements historico-philosophiques du concept de nature repose sur 4 approches complémentaires : 1/ Quelles sont les catégories éthiques et philosophiques qui structurent la relation Homme / Nature ? L’originalité de cette question, qui dispose d’un vaste état de l’art, est de proposer de desserrer l’étau du dualisme nature/culture en explorant des couples de tensions légèrement décalés : nature/artifice, sauvage/domestique. 2/ Comment ces catégories se sont-elles incarnées dans des formes culturelles propres aux différences sociétés ? L’originalité est d’aborder de manière comparative ces formes d’arrangements historiquement situés entre humains et non-humains, à partir de trois formes proches car occidentales mais fortement dissemblables : la wilderness (Etats-Unis), la terra nullius (Australie), le paysage (France). 3/ De quelle manière ces catégories sont-elles traduites en gouvernement et mises à l’épreuve par l’événement extrême dans un contexte de changements environnementaux ? La souveraineté est ici abordée à partir de l’hypothèse d’un droit biotique qui conduit à refonder la cosmopolitique de la nature. Cette hypothèse de théorie politique sera testée à partir de la forme la plus extrême de changement environnemental, la catastrophe naturelle comprise comme un laboratoire, un cauchemar/un rêve pour le gouvernement de la nature, et le gouvernement en général. 4/ Quelle est la capacité des chercheurs à inventer et explorer de nouveaux modes d’écriture contribuant à construire des communautés plus soutenables, débordant les frontières de la recherche académique ? L’exposition itinérante (dans le prolongement de Terre Natale, Ailleurs Commence Ici de la Fondation Cartier), l’écriture numérique de l’histoire (le programme Narrativesofchange, UVSQ-UNESCO-MEDDE) et la galerie d’histoire naturelle (le Musée National de Canberra, l’Australian Museum de Sydney et le Museum d’Histoire Naturel de Lille) seront ici convoquées.
Le résultat final de COSMONAT sera de contribuer à ouvrir des perspectives pour faire de la nature notre demeure, à partir de catégories philosophiques mobilisables par des communautés dont le sens du lieu, renouvelé par la prise en compte des enjeux environnementaux, les rendra plus aptes à affronter les enjeux à venir.

 

Programme ANR : FACING SOCIETAL, CLIMATE AND ENVIRONMENTAL CHANGES (SOCENV) 2013

Référence projet : ANR-13-SENV-0004

Coordinateur du projet :
Monsieur Gregory QUENET (Centre d'Histoire Culturelle des Sociétés contemporaines / Observatoire de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines)
gregory.quenet@nullfree.fr

 

Revenir à la page précédente

 

L'auteur de ce résumé est le coordinateur du projet, qui est responsable du contenu de ce résumé. L'ANR décline par conséquent toute responsabilité quant à son contenu.