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Programmes de recherche > Énergie Durable > VBD > Axes thématiques > Approches multi-scalaires et transversales, gouvernance > Vulnérabilités, résilience et robustesse des systèmes urbains, ingénierie de l’adaptabilité
Pour faire face aux incertitudes concernant les conditions futures de fonctionnement et réduire les vulnérabilités face aux risques à occurrence lente ou rapide, il s’agit de mobiliser et d’intégrer dans la production d’un cadre de vie durable les concepts d’adaptabilité, de flexibilité, de réversibilité, de robustesse, de résilience (1).
En effet, les villes concentrent population et activités multiples sur un même territoire, elles sont donc par essence un noeud de vulnérabilités : leur potentiel d’endommagement et de dysfonctionnement est particulièrement fort. Les vulnérabilités peuvent être sociales, économiques, ou physiques, et doivent être anticipées dans un contexte de changement (évolution des coûts et des modes d’accès à l’énergie, impacts du changement climatique, vieillissement démographique, nouvelles politiques environnementales, raréfaction des financements publics…). La connaissance et la maîtrise du risque participent à la perspective de villes plus durables.
Il est nécessaire d’une part de s’interroger sur les aléas auxquels les villes pourront être soumises dans les prochaines décennies, et d’autre part d’être en mesure de cerner les vulnérabilités existantes ou à prévoir. Cela implique d’inscrire des projets de recherche dans les grandes tendances sociales, démographiques, techniques, environnementales pouvant impacter la fréquence et l’ampleur des aléas tout en essayant d’anticiper les points de vulnérabilités. Ces vulnérabilités peuvent être de différents types, et porter par exemple sur l’endommagement matériel, y compris les dommages écologiques, sur l’endommagement par une perte de service ou d’activité, ou encore sur l’endommagement collatéral, dû aux dysfonctionnements en chaîne à prévoir dans le « système ville ».
La problématique de la résilience implique d’aborder le comportement du « système ville » dans son ensemble en cas de choc, et sur les conditions acceptables de retour à un nouvel état d’équilibre en cohérence avec l’espace urbain d’origine et sa finalité initiale. Anticiper et quantifier quels pourront être les aléas, aujourd’hui et dans une perspective longue, et quels sont les points de vulnérabilité des villes doit permettre d’en améliorer la robustesse, mais doit aussi s’accompagner d’une mise en perspective dynamique de la capacité des villes à surmonter leurs vulnérabilités en cas de stress intense et de recouvrer dans les meilleures conditions un état de fonctionnement normal.
Ce concept de résilience doit aussi permettre de préciser plus finement les mécanismes à l’oeuvre, à l’intérieur de la ville et en rapport avec son environnement, sur les prises de décisions, les comportements, les réactions individuelles, organisationnelles et matérielles face à une catastrophe.
Après s’être interrogé sur les risques encourus, les points vulnérables, les dynamiques de réaction et de rétablissement, il convient enfin de se pencher sur l’élaboration d’outils ou de méthodologies pour appréhender et maîtriser la vulnérabilité. Comment les territoires peuvent-ils être en mesure d’anticiper, de se préparer et de réagir à des chocs intenses ? A quels types d’aléas est-il pertinent de se préparer prioritairement ? Quelles sont les couches de populations les plus vulnérables, comment mieux les préparer, quelles priorités accorder ? Le traitement du risque par les particuliers, les acteurs locaux, les politiques publiques amène également la question de l’aire d’action pertinente et de l’organisation des pouvoirs publics et des responsabilités locales : quelle aire d’impact considérer et quelle aire de réaction favoriser ? Comment penser ces actions d’atténuation et d’adaptation (articulations, mise en cohérence, coordination) dans une stratégie cohérente et intégrée avec les préoccupations de développement urbain durable, notamment en lien avec les usages, les conditions futures de fonctionnement, la réversibilité des aménagements ?
Ces questions multiples devraient conduire à proposer des outils de gestion des risques pesant les sociétés urbaines et à élaborer des stratégies d’adaptation et d’atténuation, destinées à accroître la résilience urbaine face aux changements.
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(1) On invite les chercheurs qui souhaitent soumettre un projet sur la sécurité et les questions de risques à regarder également l’appel à projets CSOG (Concepts, systèmes et outils pour la Sécurité Globale).
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