L'Agence nationale de la recherche Des projets pour la science

InformationsActualités

  • Partager

Projet InvaCosts : estimer le poids des insectes sur l’économie mondiale

Rôle dans la propagation de maladies chez l’Homme et le bétail, dégâts sur les cultures et les réserves, destruction des infrastructures, altération des écosystèmes, l’impact des insectes sur nos sociétés et l’environnement est majeur. Alors que les changements climatiques font craindre un élargissement des zones où les espèces envahissantes sont présentes, les partenaires du projet InvaCosts cherchent à caractériser et quantifier l’impact de ces insectes envahissants au niveau mondial en intégrant à la fois les aspects sanitaires, environnementaux et économiques. Une première estimation intégrant les impacts de nombreuses espèces envahissantes vient d’être publiée dans la revue Nature communications et révèle des impacts majeurs, largement sous-évalués.

69 milliards d’euros par an. C’est cout minimal des dégâts engendrés chaque année par les insectes envahissants, principalement par une dizaine de ces espèces (termite de Formose - Coptotermes formosanus, teigne des choux - Plutella xylostella, longicorne brun de l'épinette - Tetropium fuscum, spongieuse - Lymantria dispar, ou encore Capricorne asiatique - Anoplophora glabripennis).

Et encore ce chiffre de 69 Md€ serait très en deçà de la réalité car de nombreuses régions du monde n’offrent pas assez de données économiques pour produire une estimation précise et de nombreux types de coûts (comme les dégâts sur les écosystèmes) n’ont pu être évalués. En outre, ce travail s’est concentré sur les espèces invasives les plus coûteuses. Il faudrait ajouter toutes celles qui provoquent moins de dégâts, mais qui ensemble pourraient représenter des sommes colossales. Pour arriver à cette conclusion, les chercheurs du laboratoire « Ecologie, Systématique et Evolution » (CNRS Université Paris-Sud/ AgroParisTech), du laboratoire « Maladies Infectieuses et Vecteurs : Ecologie, Génétique, Evolution et Contrôle » de l’IRD et du Laboratoire Montpelliérain d'Economie Théorique et Appliquée (CNRS) ont rassemblé la plus importante base de données jamais élaborée sur les dégâts économiques des insectes envahissants dans le monde : 737 articles, livres et rapports ont été considérés.

Rassembler des compétences de pointe pour un regard interdisciplinaire

Ces travaux soutenus par l’ANR et la fondation BNP Parisbas ont pour objectif de caractériser et de quantifier les impacts des espèces envahissantes d'insectes au niveau mondial, notamment suite au changement climatique. Ces impacts sont considérés au sens large, incluant les pertes de biodiversité, les impacts sur le fonctionnement des écosystèmes ou sur les services écosystémiques, les coûts économiques (en agriculture, en foresterie, pour les infrastructures ou l’immobilier) et la santé publique. En réunissant trois équipes de pointe dans trois domaines clés - écologie des espèces envahissantes, économie de l’environnement et épidémiologie de la santé humaine – ce projet cherche à construire des modèles de distribution d’espèces envahissantes fournissant, au niveau mondial, les aires favorables aux invasions à la fois sous les conditions environnementales (climatiques, de régime d’utilisation des terres, de densité humaine, etc.) actuelles et à différentes dates dans le futur, sous différents scénarios d’évolution de ces conditions. A la clé de ces travaux, une meilleure connaissance des risques d’invasion, permettant d’améliorer la lutter contre ces espèces invasives et in fine de faire faire des économies à nos sociétés.

 

Le projet InvaCosts
Soutenu en 2014 dans le cadre de l’appel à projets générique (défi Gestion sobre des ressources et adaptation au changement climatique, du plan d’action), InvaCosts réunit des équipes du laboratoire Ecologie, Systématique et Evolution (CNRS Université Paris-Sud/ AgroParisTech), du laboratoire « Maladies Infectieuses et Vecteurs : Ecologie, Génétique, Evolution et Contrôle » de l’IRD et du Laboratoire Montpellierain d'Economie Théorique et Appliquée (CNRS). Il est financé par l’agence à hauteur de 431 k€.

 

Plus d’informations :

04.10.16