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Programme franco-allemand en Sciences humaines et sociales (FRAL) 2017
Projet HISTRANS

Histoire de la transparence: la politique rendue visible, Allemagne et France, 1890-1990

La transparence est aujourd’hui considérée comme une valeur politique, synonyme de démocratie, de participation et de responsabilité. On oublie ainsi deux points: les exigences de transparence ne sont ni passagères, ni réellement nouvelles, mais liées à des contextes déterminés et dotées d’une histoire propre. De plus, elles ont des effets ambivalents. Comme il n’y a encore pratiquement pas d’études historiques de la transparence, nous avons mis l’accent sur l’histoire politique.
Apparemment, la transparence est une propriété d’un système politique. En réalité, elle s’exprime dans des exigences politiques de transparence, venues du bas, en particulier pour l’accès à l’information et les questions que le politique rend « lisibles ». Nous entendons nous concentrer sur l’histoire des demandes de transparence dans le domaine politique en Allemagne et en France. Nos directions d’enquêtes portent, premièrement sur l’histoire des commissions d’enquête parlementaire entre 1890 et 1970 environ, et deuxièmement sur deux scandales qui ont eu un fort effet dans le domaine du financement des partis (le scandale Flick et l’affaire Urba). Cela est lié à plusieurs interrogations : quand est-ce que la transparence est devenue une exigence effective ? Quelles mesures ont-elles été proposées ? Qui étaient les acteurs principaux ? Dans quelles configurations ? L’exigence de transparence a-t-elle produit plus ou moins de connaissance des processus politiques? A-t-elle fortifié la confiance politique, ou au contraire l’a-t-elle réduit ? Parmi les théories de la transparence, se signalent les catégories analytiques mises au point par David Heald [Heald, 2006].
Parmi nos hypothèses de travail figure l’idée, selon laquelle les demandes de transparence durant la première moitié du XXe siècle portaient plutôt sur des membres du personnel politique, selon une perspective individualisée et au cas par cas. À partir des années 1970-1980, l’injonction de transparence a pris une nouvelle dimension, et cette exigence s’est portée sur le système lui même, sommé de se montrer transparent. À l’appui de cette hypothèse interprétative, un argument peut être évoqué: l’exigence croissante de transparence n’a pas renforcé la confiance dans la démocratie. En outre, la configuration générale et les acteurs ont changé. À partir des années 1980, sont apparus, aux côtés de la presse, de nouveaux acteurs issus de la société civile, qui ont plaidé pour des instruments producteurs de transparence.
Le projet ici proposé s’inscrit dans le fil d’une coopération entre chercheurs français et allemands associés depuis 2011 dans des études historiques sur la corruption. Cette nouvelle thématique élargit et complète ces recherches antérieures, dans la mesure où la transparence est comprise, dans le contexte, comme un concept opposé à celui de corruption. Ce projet de recherche bénéficiera du réseau scientifique international de ses animateurs.

Partenaires

CNE HEMOC Centre N. Elias

SIRICE Sorbonne identités

TUDA Technische universität Darmstadt Institut für Geschichte

Aide de l'ANR 95 144 euros
Début et durée du projet scientifique juin 2018 - 36 mois

 

Programme ANR : Programme franco-allemand en Sciences humaines et sociales (FRAL) 2017

Référence projet : ANR-17-FRAL-0013

Coordinateur du projet :
Monsieur Frédéric MONIER (Centre N. Elias)

 

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L'auteur de ce résumé est le coordinateur du projet, qui est responsable du contenu de ce résumé. L'ANR décline par conséquent toute responsabilité quant à son contenu.