L'Agence nationale de la recherche Des projets pour la science

Translate this page in english

(DS0407) 2016
Projet AutoTime

Du codage automatique à la perception consciente du temps dans le système nerveux central: un déficit fondamental dans la schizophrénie?

Ordonner les événements dans le temps est inhérent à toutes les fonctions cognitives et sociales, notamment par l’intermédiaire des jugements de causalité. Or la capacité à ordonner les informations est perturbée dans la schizophrénie. Cependant, il n’est pas certain que l’ordonnancement temporel des événements soit fait automatiquement, sans effort : une simple succession de percepts pourrait ne pas suffire pour en dériver l’ordre. Par des voies différentes, nos 4 équipes convergent vers une hypothèse de travail forte: si certaines propriétés temporelles sont extraites automatiquement, comme la durée, des processus additionnels seraient nécessaires à la perception consciente de durée et d’ordre. Les processus impliqués dans la perception de l’ordre temporel restent mal connus. Or, seul l’ordonnancement temporel conscient est corrélé aux symptômes cliniques de la schizophrénie, suggérant que les processus temporels conscients et automatiques sont dissociés. La structure temporelle consciente des événements pourrait être inférée a posteriori, par la création d’une carte temporelle qui reconstruit la séquence entière des événements. Nous testerons un modèle en 2 étapes (extraction automatique puis construction d’une représentation interne de la structure temporelle) et des hypothèses spécifiques concernant les structures cérébrales et les activités neuronales impliquées. Dans ce but, nous combinerons des expertises en psychologie expérimentale, IRMf, MEEG, électrophysiologie et schizophrénie, avec des études chez l’homme et l’animal. Nous innoverons en développant un paradigme unique, commun à nos différentes équipes, pour contraster le traitement de l’ordre et de la durée. Le paradigme tire parti de la tâche classique de manipulation de périodes de préparation, qui permet d’examiner comment une information de durée (accumulation automatique vs. indice attentionnel) permet d’anticiper l’occurrence d’un événement. Le paradigme est également basé sur des tâches d’apprentissage associatif pour examiner l’extraction automatique vs. consciente de l’information d’ordre temporel. Pour comprendre comment le codage du moment d’occurrence des événements permet l’émergence d’une représentation d’ordre et de durée, nous explorerons les oscillations neuronales et les changements de couplage inter-fréquence liés au traitement de durée et d’ordre. Ces données seront acquises chez l’homme sain (M/EEG), et, pour explorer les structures cérébrales profondes et les effets de drogues psychotomimétiques, chez le rat. Le paradigme sera également appliqué auprès de patients schizophrènes (comportemental, IRMf et EEG), ainsi que auprès de leurs parents du 1er degré, afin de tester l’hypothèse selon laquelle les troubles de l’extraction automatique d’informations temporelles représentent un endophénotype de la schizophrénie. Chez les patients et leurs parents du 1er degré, nous explorerons également l’impact de l’ordre temporel sur les jugements de causalité, dont la perturbation pourrait sous-tendre le délire. Ceci nous permettra de déterminer si les troubles du traitement automatique de l’information temporelle représentent un facteur de vulnérabilité pour le délire.
Ce projet permettra de comprendre comment l’extraction automatique de la structure temporelle des événements mène à une représentation d’ordre et de durée. La compréhension de ces mécanismes permettra d’identifier des mécanismes susceptibles de jouer un rôle clef dans l’émergence des symptômes cliniques majeurs de la schizophrénie. En cela, notre projet donnera des outils empiriques pour caractériser des perturbations qui ont un impact majeur sur la structure temporelle de la conscience elle-même. Au total, c’est la collaboration entre une équipe spécialisée dans la recherche en psychiatrie et des équipes multidisciplinaires en neurosciences fondamentales, qui permettra de renouveler notre compréhension à la fois du traitement temporel et de la physiopathologie de la schizophrénie.

Partenaires

CEA/DRF/NEUROSPIN Comissariat à l'Energie Atomique et aux Energies Alternatives

CNRS DR12-LNC CNRS delegation Provence & Corse-LNC

INSERM U1114 INSERM ADR Grand-Est

Neuro-PSI Institut des Neurosciences Paris-Saclay - CNRS

Aide de l'ANR 817 399 euros
Début et durée du projet scientifique novembre 2016 - 48 mois

 

Programme ANR : (DS0407) 2016

Référence projet : ANR-16-CE37-0004

Coordinateur du projet :
Madame Anne Giersch (INSERM ADR Grand-Est)

 

Revenir à la page précédente

 

L'auteur de ce résumé est le coordinateur du projet, qui est responsable du contenu de ce résumé. L'ANR décline par conséquent toute responsabilité quant à son contenu.