L'Agence nationale de la recherche Des projets pour la science

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(DS0802) 2016
Projet AGING

Impact potentiel des stéréotypes du vieillissement sur l’évaluation des déficits mnésiques et le repérage de l’état prodromal de la maladie d’Alzheimer

En raison de l’allongement de la durée de la vie dans de nombreuses régions du monde, de plus en plus d’individus sont concernés par les effets du vieillissement sur leurs facultés mentales (e.g., déclin de la mémoire) et le risque de développer la maladie d'Alzheimer (MA) ou autres démences. Une telle préoccupation se traduit déjà par une demande accrue de dépistage neuropsychologique. La recherche sur la MA souligne également la nécessité d'un dépistage précoce pour améliorer la prédiction de la progression de la MA et l'efficacité des thérapies futures. Tout ceci soulève la question délicate de l'identification des stades précliniques et cliniques précoces de la MA. La déficience cognitive légère (MCI), considérée comme l'état prodromal de la MA, est donc au cœur de la question du dépistage précoce. En outre, l’état pré-MCI aussi appelé SCI (déficience cognitive subjective) peut précéder la MA de 15 ans. Or, de nombreuses personnes identifiées MCI n’évoluent pas vers Alzheimer, certaines restent stables et d’autres reviennent à la normale (les taux de réversion à la normale pouvant aller de 4,5% à 53%). Ce biais de sur-diagnostic, largement négligé, est au cœur de notre projet à l'interface des sciences humaines et sociales et des sciences de la vie. Nous soutenons qu’une cause importante du sur-diagnostic de l’état prodromal de la MA est l’intervention de stéréotypes négatifs du vieillissement (e.g., les croyances culturelles partagées que le vieillissement entraîne inévitablement un grave déclin cognitif et des maladies telles que la MA). Il existe de nombreuses preuves expérimentales que ces stéréotypes contribuent aux différences classiquement observées dans la population saine entre les adultes jeunes et âgés dans des tâches de mémoire explicite. Trois études pilotes (de laboratoire) réalisées pour le présent projet ANR (Psychol Science, 2012 ; Exp Psychol, 2015 ; J. of Gerontology: Psychol Sciences, en révision) ont montré que chez des personnes âgées saines, la crainte de confirmer les stéréotypes en question détériore l’utilisation contrôlée de la mémoire et intensifient simultanément des automatismes cognitifs inopportuns, avec pour conséquence un affaiblissement des performances mnésiques. Notre projet prolonge l’étude de ces phénomènes pour la première fois dans le cadre de l’examen neuropsychologique clinique, dont nous faisons l’hypothèse qu’il active implicitement les stéréotypes liés au vieillissement cognitif, aggravant l’expression des déficits mnésiques et pouvant ainsi conduire à des faux-positifs. Nous testons cette hypothèse tout en utilisant des biomarqueurs de la neurodégénérescence pour distinguer les vrais des faux MCI, des biomarqueurs du stress pour examiner si les stéréotypes induisent un stress accru lors des tests neuropsychologiques, et en examinant les mécanismes cérébraux sous-jacents à ces effets. Ce projet ambitieux et interdisciplinaire (psychologie sociale et cognitive, neuropsychologie, neurosciences intégratives, médecine gériatrique) implique des chercheurs de 6 unités de recherche associées à 5 universités françaises (Aix-Marseille, Caen, Clermont-Fd, Poitiers, Paris Descartes), 2 organismes de recherche majeurs (CNRS, INSERM), des neurologues et neuropsychologues de 4 hôpitaux publics. Les implications théoriques et pratiques de ce projet sont réelles, notamment pour améliorer les conditions d’examen neuropsychologique au bénéfice de personnes qui sinon pourraient être classées, à tort, comme MCI. Sans nier la réalité du vieillissement cognitif et des maladies neurodégénératives telles que MCI ou MA, notre proposition suggère d’accorder une attention particulière à l'intervention de facteurs psychosociaux totalement négligés dans la régulation des performances neuropsychologiques. Ce projet novateur est susceptible d’offrir de nouvelles recommandations pour améliorer l’exactitude du diagnostic précoce de la MA, avec des conséquences positives pour le bien-être des personnes âgées.

Partenaires

CNRS DR8_CeRCA Centre National de la Recherche Scientifique délégation Centre Limousin Poitou-Charente_Le Centre de Recherches sur la Cognition et l'Apprentissage

CNRS DR12_LNIA Centre National de la Recherche Scientifique délégation Provence et Corse_Laboratoire de Neurosciences Intégratives et Adaptatives

CNRS DR12_LPC Centre National de la Recherche Scientifique délégation Provence et Corse_Laboratoire de Psychologie Cognitive

CNRS DR7_LAPSCO Centre National de la Recherche Scientifique délégation Rhône Auvergne_Laboratoire de Psychologie Sociale et Cognitive

U1077 Inserm Délégation Régionale Nord-Ouest

INSERM Institut National de la Santé et de la Recherche Médicale

AP-HM Service de Neurologie Comportementale

Aide de l'ANR 619 069 euros
Début et durée du projet scientifique octobre 2016 - 48 mois

 

Programme ANR : (DS0802) 2016

Référence projet : ANR-16-CE36-0005

Coordinateur du projet :
Madame Isabelle Régner (Centre National de la Recherche Scientifique délégation Provence et Corse_Laboratoire de Psychologie Cognitive)

 

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L'auteur de ce résumé est le coordinateur du projet, qui est responsable du contenu de ce résumé. L'ANR décline par conséquent toute responsabilité quant à son contenu.