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Programme franco-allemand en Sciences humaines et sociales (FRAL) 2015
Projet CLAIM

(New) Political Representative Claims: A Global View (France, Germany, Brazil, China, India)

L’Europe connait actuellement une crise des formes établies de représentation politique, visible dans la défiance croissante à l’égard des institutions et des acteurs des démocraties représentatives. Diverses revendications visant à renouveler la représentation politique émergent partout. Pourtant la recherche contemporaine se concentre sur la représentation électorale et parlementaire, et/ou sur un seul pays. Nous manquons d’analyses globales des nouvelles revendications de représentation politique et de comparaisons avec les pays du sud, y compris les entités non-démocratiques. Notre recherche entend combler ce manque en mettant en perspective la représentation politique en France et en Allemagne - deux démocraties majeures de l'Union européenne activement engagées dans l’expérimentation de nouveaux concepts de la représentation - et dans trois Etats des "BRICS": le Brésil - la plus grande démocratie d'Amérique latine, où des dispositifs participatifs innovants incluent des revendications concurrentes de représentation -, l'Inde - la plus grande démocratie du monde et un pionnier des quotas électoraux (une revendication de représentation « descriptive ») - et la Chine -un régime non-démocratique engagé dans une immense transformation économique, sociale et politique avec des revendications spécifiques de représentation.

En s'appuyant sur la théorie politique française et allemande, notre cadre conceptuel se distingue des approches classiques de la représentation politique. Aujourd'hui, la théorie politique et les études empiriques de la représentation tendent à se concentrer, dans la lignée de Pitkin, sur la relation électorale de mandat. Or même si la représentation-mandat reste importante, elle ne peut rendre compte de transformations contemporaines cruciales, nécessitant une compréhension élargie. Notre hypothèse est que les transformations de la représentation politique sont liées à la (ré)émergence de formes variées de revendications de représentation, c'est-à-dire de situations dans lesquelles un acteur prétend parler/agir au nom d'autrui. Ces revendications s'appuient souvent sur la dénonciation d'une situation de mal-représentation qu'elles prétendent améliorer ou corriger.

Nous entendons analyser les revendications de représentation dans une perspective comparative et globale, et démontrer leur caractère (ou leur apparence) innovant(e) au regard de la représentation électorale. Dans les cinq pays, nous identifierons différentes situations où des revendications de représentation apparaissent, sont discutées, critiquées ou légitimées. S’appuyant sur un cadre méthodologique commun rigoureusement défini notre recherche visera à conceptualiser les revendications de représentation dans une perspective globale. Nous nous concentrerons donc sur deux champs de recherche pour analyser, dans chaque pays : (i) les revendications de représentation au niveau national (parlement et médias) exprimées dans le cadre de trois débats nationaux; (ii) les revendications de représentation dans les dispositifs participatifs au niveau subnational. A ces deux niveaux les revendications de représentation sont justifiées par la dénonciation de mal-représentation de certains groupes dans les corps représentatifs. Nous nous appuierons sur des méthodes qualitatives (collecte de documents tels que les débats parlementaires ; observation non-participante ; entretiens approfondis etc.). Nous utiliserons l’outil « Analyse de revendication de représentation » pour traiter nos données. Pour monter en généralité, nous nous attacherons à « penser par cas » et à identifier des modèles de revendication de représentation, en développant une typologie à des fins « terminologiques, classificatoires et heuristiques » (Weber 1921). Nous évaluerons les (nouvelles) revendications de représentation au XXIème siècle et nous théoriserons ces résultats dans le contexte de la théorie démocratique moderne et des analyses de la résilience autoritaire (cas chinois).

Partenaires

CNRS-Lille 2, CERAPS Centre d'Etudes et de Recherches Administratives, Politiques et Sociales

CMB CENTRE de RECHERCHE en SCIENCES SOCIALES de BERLIN (CRSS BERLIN) - CENTRE MARC BLOCH

CNRS-EHESS, CEIAS Centre d’Etudes de l’Inde et de l’Asie du Sud

CNRS/Paris 8, CRESPPA CNRS/U. Paris 8, Centre de recherches sociologiques et politiques de Paris

Duisburg-Essen Universität, Politik u. Gesellschaft Chinas Duisburg-Essen Universität, Seniorprofessur Politik u. Gesellschaft Chinas

Uni Franfkfurt/M, Politikwissenschaft Goethe Universität Franfkfurt, Institut für Politikwissenschaft

IEP Bordeaux, Centre Émile Durkheim Institut d'études politiques de Bordeaux, Centre Émile Durkheim

UPEC, Lipha  Université Paris Est Créteil, Laboratoire interdisciplinaire d'étude du politique Hannah Arendt Paris Est

Aide de l'ANR 349 929 euros
Début et durée du projet scientifique avril 2016 - 36 mois

 

Programme ANR : Programme franco-allemand en Sciences humaines et sociales (FRAL) 2015

Référence projet : ANR-15-FRAL-0010

Coordinateur du projet :
Monsieur Yves SINTOMER (CNRS/U. Paris 8, Centre de recherches sociologiques et politiques de Paris)

 

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L'auteur de ce résumé est le coordinateur du projet, qui est responsable du contenu de ce résumé. L'ANR décline par conséquent toute responsabilité quant à son contenu.