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Inégalités, discriminations, intégration (DS0802) 2015
Projet ELIPSIS

Etudier l'influence des pratiques sportives sur l'intégration sociale en quartiers "sensibles"

Roubaix est une ville pauvre. Avec 45% de sa population sous le seuil de pauvreté, elle est même la plus pauvre de France. Plus d’un actif sur 4 y est au chômage (au sens du recensement, en 2011, 29,9% de la population des 15-64 ans est sans emploi). Près d’un adulte sur trois est allocataire du revenu de solidarité active. Sa population connaît un accès à la propriété immobilière bien en dessous de la moyenne nationale (36,7% à Roubaix contre 57,8 pour la France métropolitaine) et contribue peu à l’impôt (plus de deux foyers sur trois sont non imposables).
Dans l’académie de Lille, qui regroupe le plus grand nombre d’établissements scolaires inscrits dans le programme «réseau REP+» du ministère de l’Education Nationale, Roubaix est la commune la plus représentée. Sa population est peu diplômée (35,5% de la population de 15 ans et plus non scolarisée n’est titulaire d’aucun diplôme, soit plus du double de la moyenne métropolitaine). Ainsi, on peut dire de cette commune, qu’elle concentre de nombreux indicateurs d'un territoire socialement fragilisé.
Plus de trois quarts de ses quartiers figurent dans la liste des zones urbaines sensibles telles que le Ministère de la Ville, de la Jeunesse et des Sports les définit. Roubaix a aussi été retenue parmi les Zones de Sécurité Prioritaires (ZSP) du Ministère de l’Intérieur qui y qualifie la délinquance «d’importante».
Notons enfin que la ville est une terre d’immigration : le taux de roubaisien-ne-s né-e-s à l’étranger, de nationalité étrangère, est plus de deux fois supérieur à la moyenne en France (19,3% contre 8,7%). Roubaix se présente comme un quasi modèle des espaces de relégation urbains. La ville incarne le "type idéal" de la «zone sensible», qu’il s’agisse de niveau de formation, de revenu, d’activité professionnelle, de délinquance. Se dessinent ainsi, les frontières d’un espace qui apparaît comme un défi à l’intégration sociale.
Nous nous proposons donc d’aborder cette question, centrale dans les axes 2 et 4 du défi 8, «Sociétés innovantes, intégrantes et adaptatives», en adoptant une entrée par le territoire. En empruntant aussi une voie originale : celle de la participation aux activités physiques et sportives et de son influence sur quelques dimensions de l’intégration sociale (cursus de formation, insertion professionnelle et participation à la délinquance). Plusieurs raisons président à ces choix. Les pratiques sportives sont fréquemment pensées et mobilisées comme un outil des politiques de la ville et des politiques d’intégration. Le sport, par les valeurs qu’il est supposé porter, constituerait un média éducatif de premier ordre. La reconfiguration des périmètres ministériels de 2014, "range" le sport dans le Ministère de la Ville (de la Jeunesse et des Sports). Les antennes régionales de ce Ministère, associent également à leur dénomination l’idée de cohésion sociale (DRJSCS – Direction Régionale de la Jeunesse, des Sports et de la Cohésion Sociale).
Il est pourtant difficile de reconnaître au sport, a priori et définitivement quelques vertus d’intégration. Et rares sont les études qui posent le problème en ces termes. Plus précisément, si la littérature sur l’intégration par le sport est importante, l’essentiel des enquêtes traite l’objet de manière ethnographique. Nous souscrivons absolument à l’intérêt de ces travaux, mais il nous semble qu’ils manquent parfois d’un complément quantitatif. C’est justement par la combinaison des méthodes que nous souhaitons contribuer à la connaissance sociologique sur la question. Car l’une des difficultés majeure repose sur notre volonté de mesurer l’influence de la pratique sportive (et non d’autres variables) en dehors du sport. Et cela constitue, nous semble-t-il, un autre point obscur de la production scientifique sur la question.

Partenaires

URePSSS Unité de recherche pluridisciplinaire Sport, Santé, Société

Aide de l'ANR 42 900 euros
Début et durée du projet scientifique octobre 2015 - 36 mois

 

Programme ANR : Inégalités, discriminations, intégration (DS0802) 2015

Référence projet : ANR-15-CE28-0001

Coordinateur du projet :
Monsieur Nicolas Penin (Unité de recherche pluridisciplinaire Sport, Santé, Société)

 

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L'auteur de ce résumé est le coordinateur du projet, qui est responsable du contenu de ce résumé. L'ANR décline par conséquent toute responsabilité quant à son contenu.