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Droit, démocratie, gouvernance et nouveaux référentiels (DS0805) 2014
Projet EODIPAR

Expériences des discriminations, participation et représentation

Le projet OEDIPAR vise à comprendre les conditions de politisation de l’expérience des discriminations. Il s’agit d’évaluer les réactions individuelles et collectives à la discrimination en termes de participation et de représentation politiques. Les questions de recherche au cœur de ce projet sont les suivantes : à quelles conditions l’expérience des discriminations est-elle politisée par les acteurs ? Alors que la souffrance associée aux discriminations est souvent importante, dans quelle mesure cela favorise-t-il ou empêche-t-il la politisation de cette expérience ? Dans quelle mesure l’expérience de la discrimination peut-elle conduire à l’engagement civique ou politique d’individus initialement peu politisés ? Quelles sont les stratégies employées par les associations et les collectifs pour mobiliser les victimes de discrimination ? Peut-on observer des différences de ce point de vue selon les villes ou les pays, en fonction de la structure des opportunités politiques ? Quelles sont les conséquences de ces différences sur le champ politique et les politiques publiques à l’échelle locale, nationale et transnationale?

La discrimination étant une question très large, nous nous concentrerons sur trois aspects particulièrement centraux dans la France contemporaine : (1) la discrimination territoriale ; (2) la discrimination ethno-raciale ; (3) la discrimination religieuse.
La politisation de l’expérience des discriminations sera évaluée à un niveau individuel et collectif. Au niveau individuel, le but est de saisir la logique de l’expérience de la discrimination et ses conditions de politisation. Comment les acteurs interprètent-ils leur expérience de discrimination ? A quelles conditions les individus relient-ils la discrimination à des facteurs politiques ou institutionnels plus larges, cadrant dès lors leur expérience selon un sentiment d’injustice ? Au niveau collectif, l’objectif est de comprendre si des actions collectives émergent de ces expériences. Alors que des collectifs cherchent à lutter contre les discriminations, dans quelle mesure parviennent-ils à inclure les victimes de traitements inégaux ? Il s’agira d’évaluer les conséquences de ces réponses individuelles et collectives à la discrimination, tant sur la reconnaissance des individus que sur l’action publique et le champ politique et associatif local.

Ces questions seront étudiées à partir de recherches localisées comparées dans des métropoles françaises, britanniques et nord-américaines, afin de prendre en compte le rôle des histoires locales et nationales dans la politisation éventuelle de l’expérience des discriminations. Deux éléments seront particulièrement déterminants: le degré de mixité sociale et ethnique des quartiers étudiés et la structure des opportunités politiques locales. Il s’agira dès lors de les faire varier afin d’évaluer leur influence relative sur la politisation de l’expérience des discriminations. 5 métropoles seront étudiées en France (Lille, Paris, Bordeaux, Lyon, Grenoble), et 3 à l’étranger (Londres, Los Angeles, Montréal). Le projet comprendra trois phases principales de recherche empirique.

Pour la première phase, un échantillon diversifié de 30 individus sera interviewé dans chaque cas (soit 240 au total), autour de leur expérience des discriminations et leur rapport au politique. La seconde phase visera à étudier des dynamiques locales de luttes contre les discriminations (à travers une enquête ethnographique au sein de deux collectifs ou associations) en les replaçant dans l’histoire des mobilisations locales. On s’intéressera en particulier à leurs répertoires de mobilisation et à la réception de ces entreprises parmi les publics visés. Enfin, on étudiera dans la troisième phase les conséquences de ces réponses aux discriminations tant pour la reconnaissance de ces individus que sur l’action publique locale et le champ politique et associatif, principalement au travers d’entretiens.

Partenaires

CERAPS Centre de recherches administratives, politiques et sociales

Aide de l'ANR 394 055 euros
Début et durée du projet scientifique octobre 2014 - 42 mois

 

Programme ANR : Droit, démocratie, gouvernance et nouveaux référentiels (DS0805) 2014

Référence projet : ANR-14-CE30-0011

Coordinateur du projet :
Monsieur Julien Talpin (Centre de recherches administratives, politiques et sociales)

 

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L'auteur de ce résumé est le coordinateur du projet, qui est responsable du contenu de ce résumé. L'ANR décline par conséquent toute responsabilité quant à son contenu.