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Sociétés Innovantes, innovation, économie, modes de vie (INOV)
Edition 2012


LAPIN


LAPIN: LAbelliser Pour INnover

Labelliser pour innover dans le secteur de la construction
L’objectif du projet est d’analyser la manière dont les labels sont mobilisés, par les acteurs économiques et par la puissance publique, pour orienter, coordonner et stimuler l’innovation dans le secteur de la construction face aux enjeux du développement durable.

Analyse du rôle des labels dans l’innovation durable dans le secteur du bâtiment
Avec la montée des injonctions au développement durable dans le secteur du bâtiment, les dynamiques collectives de l’innovation se reconfigurent. La place accordée aux « labels » dans la coordination des activités d’innovation, à l’échelle d’un secteur économique ou industriel, représente une tendance majeure caractérisant ces transformations. La labellisation dans le bâtiment se pose ainsi en nouveau vecteur de diffusion et d’acceptabilité de l’innovation à l’échelle de l’ensemble de la filière : en marquant des produits, des processus, des pratiques et des organisations, le label (au sens large de marque de qualité) garantit la conformité à des bonnes pratiques professionnelles, à des réglementations, des normes et ou des standards élaborés afin de promouvoir une certaine idée de la qualité et partant de l’innovation. L’objectif du projet LAPIN est d’analyser la manière dont la labellisation contribue à mettre en forme des dynamiques d’innovation spécifiques au secteur du bâtiment et à articuler logiques économiques et politiques dans des environnements complexes et soumis aux objectifs du développement durable.

Méthodologie monographique et d’enquête qualitative
Le projet met en œuvre des investigations de sciences sociales et de gestion. Les terrains empiriques sont situés dans le secteur du bâtiment, caractérisé par la multiplication récente des labels (« Bâtiments Basse Consommation », « Bâtiment biosourcé », « Eco-artisans »…). Le projet est dans l’ensemble centré sur le contexte français, afin de pouvoir examiner les processus de labellisation de façon détaillée, mais il intègre un volet international et notamment européen. L’objectif est de replacer les labels dans leur environnement contraignant actuel (directives européennes, commerce international, etc.) et de mettre en évidence dans une perspective historique les interactions et influences des processus de normalisation européens et internationaux sur les dispositifs nationaux. Le projet interroge les articulations entre processus politiques et processus économiques dans l’innovation, en explorant les modalités de l’intervention publique dans les dynamiques de labellisation. Il s’efforce de comprendre comment les pouvoirs publics participent, directement ou indirectement, à l’émergence des logiques économiques que les labels contribuent à construire et stabiliser. Enfin, le projet cherche à caractériser tout particulièrement les logiques d’une catégorie d’acteurs jouant un rôle central dans le secteur de la construction, les petites entreprises. Il examine les impacts du développement de la labellisation sur la manière dont ces acteurs construisent leur relation à leurs marchés et dont ils font évoluer leurs compétences. Les méthodologies mobilisées sur ces terrains sont les études de cas et les enquêtes qualitatives : des labels spécifiques sont sélectionnés pour faire l’objet d’enquêtes monographiques destinés à situer leur histoire dans les logiques d’innovation auxquelles ils ont associés ; la manière dont les petites entreprises intègrent les labels dans leurs stratégies marchandes et d’innovation est analysée au travers d’enquêtes qualitatives.

Résultats

Le projet produira une grille d’analyse de l’engagement des processus de labellisation dans l’innovation dans le secteur de la construction, prenant en compte les jeux d’acteurs, les dynamiques marchandes et les modalités d’intervention de la puissance publique.

Perspectives

Le projet vise un élargissement à une réflexion générale sur les formes de gouvernance de l’innovation durable à l’articulation entre dynamiques politiques et dynamiques économiques.

Productions scientifiques et brevets

Communication au colloque 2013 de l’Association Française de Sciences Politiques : B. Laurent, A. Mallard, A. Tricoire, 2013, « Gouverner (par) les labels. Labellisation et innovation dans les politiques du développement durable », communication dans le cadre de la session 16 du colloque, « Sociologie des politiques économiques. »

Partenaires

ARMINES CGS ARMINES Centre de Gestion Scientifique de Mines ParisTech

ARMINES CSI ARMINES Centre de Sociologie de l'Innovation de Mines ParisTech

CSTB Centre Scientifique et Technique du Bâtiment

EDF R&D Electricité de France Recherche et Développement

Aide de l'ANR 269 727 euros
Début et durée du projet scientifique février 2013 - 36 mois

Résumé de soumission

Avec la montée des injonctions au développement durable dans le secteur du bâtiment, les dynamiques collectives de l’innovation se reconfigurent. La place accordée aux « labels » dans la coordination des activités d’innovation, à l’échelle d’un secteur économique ou industriel, représente une tendance majeure caractérisant ces transformations.
La labellisation dans le bâtiment se pose ainsi en nouveau vecteur de diffusion et d’acceptabilité de l’innovation à l’échelle de l’ensemble de la filière : en marquant des produits, des processus, des pratiques et des organisations, le label (au sens large de marque de qualité) garantit la conformité à des bonnes pratiques professionnelles, à des réglementations, des normes et/ou des standards élaborés afin de promouvoir une certaine idée de la qualité et partant de l’innovation.
L’objectif du projet LAPIN est d’analyser la manière dont la labellisation contribue à mettre en forme des dynamiques d’innovation spécifiques au secteur du bâtiment et à articuler logiques économiques et politiques dans des environnements complexes et soumis aux objectifs du développement durable.
Les terrains d’investigation empiriques seront centrés sur le secteur du bâtiment, caractérisé par la multiplication récente des labels (« Bâtiments Basse Consommation », « Bâtiment bio-sourcé », « Eco-artisans »…). Le périmètre des investigations qui seront menées est caractérisé par trois points. Tout d’abord, le projet est dans l’ensemble centré sur le contexte français, afin de pouvoir examiner les processus de labellisation de façon détaillée, mais il intègre un volet international et notamment européen. En effet, l’étude du contexte international permettra, d’une part, de replacer les labels dans leur environnement contraignant actuel (directives européennes, commerce international, etc.) et, d’autre part, de mettre en évidence dans une perspective historique les interactions et influences des processus de normalisation européens et internationaux sur les dispositifs nationaux depuis 1945. En second lieu, le projet interrogera les articulations entre processus politiques et processus économiques dans l’innovation, en explorant les modalités de l’intervention publique dans les dynamiques de labellisation. Il s’agira de comprendre en mobilisant des études de cas comment les pouvoirs publics participent, directement ou indirectement, à l’émergence des logiques économiques que les labels contribuent à construire et stabiliser. Enfin, le projet prêtera une attention toute particulière à une catégorie d’acteurs jouant un rôle central dans le secteur de la construction : les petites entreprises. On s’intéressera aux impacts du développement de la labellisation sur la manière dont ces acteurs construisent leur relation à leurs marchés et dont ils font évoluer leurs compétences.
Le projet cherchera de manière transverse à caractériser les labels selon la manière dont ils participent à façonner des logiques de conception, de développement, de commercialisation et des formes d’organisation sectorielles de la filière du bâtiment.

 

Programme ANR : Sociétés Innovantes, innovation, économie, modes de vie (INOV) 2012

Référence projet : ANR-12-SOIN-0004

Coordinateur du projet :
Monsieur Alexandre MALLARD (ARMINES Centre de Sociologie de l'Innovation de Mines ParisTech)
alexandre.mallard@nullmines-paristech.fr

 

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L'auteur de ce résumé est le coordinateur du projet, qui est responsable du contenu de ce résumé. L'ANR décline par conséquent toute responsabilité quant à son contenu.