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JCJC - SHS 2 - Développement humain et cognition, langage et communication (JCJC SHS 2) 2011
Projet OLGA

Orthographe Lexicale et Grammaticale : Acquisition

La maîtrise de la langue écrite est particulièrement difficile en français en raison de la profondeur de son orthographe. Le français est caractérisé par son inconsistance lexicale et par l’opacité des marques morphologiques sans contrepartie phonologique. Son apprentissage est relativement long et constitue une source d’échec scolaire et d’intégration sociale importante. Il est donc indispensable de se doter d’outils d’évaluation pour aider les enseignants à dépister rapidement les élèves à risques. Il est également nécessaire de mieux comprendre comment les élèves acquièrent les diverses compétences leur permettant de dominer les difficultés lexicales, grammaticales de leur langue, de façon à intervenir plus efficacement en cas de remédiation. Habituellement ces deux aspects sont étudiés séparément. Modèles et travaux concernent soit l’acquisition et le traitement de l’orthographe lexicale (i.e., correspondances phonographémiques, mémorisation des mots inconsistants), soit l’acquisition et le traitement grammatical globalement régi par des règles (e.g., « ajouter un –s au pluriel des noms »).
Toutefois, les travaux des 15 dernières années montrent que les enfants acquièrent implicitement des connaissances sur la structure de la langue aidant aussi bien au traitement lexical des irrégularités (i.e., doublement de lettres), qu’au traitement grammatical, certaines associations étant traitées automatiquement sans le recours systématique à des règles (cf. Largy, Cousin, & Dédéyan, 2005). L’apprentissage implicite, probalistique, de la structure de la langue pourrait alors être le dénominateur commun de l’acquisition des différentes dimensions de l’orthographe.
L’objectif est dès lors d’affiner la description de l’acquisition de l’orthographe dans ses diverses dimensions, du CP au collège. L’hypothèse défendue est que les effets facilitateurs de la fréquence et de la consistance orthographique observés pour l’orthographe lexicale devraient être répliqués pour l’orthographe grammaticale. Ce travail devrait alors permettre de proposer un modèle développemental unique et unifié et d’élaborer ensuite un test d’orthographe adapté à ce nouveau cadre théorique.
Une première série d’épreuves est destinée à étudier l’impact de la fréquence, de la consistance orthographique et de la longueur des mots sur l’acquisition de l’orthographe lexicale. Ces différents facteurs seront évalués grâce à une dictée de pseudomots et de mots isolés administrée à des élèves du CP au CM2, à des collégiens (5e, 3e) et à un groupe contrôle d’adultes
Ces performances lexicales seront comparées à une mesure de la « consistance empirique » (propre évaluation de la consistance par l’élève) de paires de mots appariés sur la rime phonologique orthographiquement consistante ou non.
Une deuxième série d’épreuves vise à évaluer, chez les mêmes participants, plusieurs habiletés grammaticales, grâce à une dictée lacunaire. Cette épreuve portera sur des difficultés liées à l’aspect inaudible des marques : le genre, le nombre, l’accord du participe passé et les homophones grammaticaux. Ces mots seront caractérisés en termes de fréquence et de consistance orthographique (Manulex-infra).
Une troisième série d’épreuves lexico-grammaticales porte sur la morphologie dérivationnelle et sur la morphologie flexionnelle, en manipulant la fréquence et la consistance de formes homophones afin d’étudier l’interaction entre les dimensions lexicale et grammaticale. Des mesures en temps réel et des formes produites seront recueillies pour affiner le grain d’analyse.
Enfin, à l’issue des ces épreuves, la construction d’un test d’orthographe, contrôlé sur les caractéristiques psycholinguistiques des items et basé sur une conception théorique actualisée, est envisagée de façon à pallier un manque crucial dans ce domaine. Ce test (épreuves lexicales, grammaticales), étalonné du CP à la 3e des collèges devrait permettre à tout enseignant d’évaluer et de mieux cerner les difficultés des élèves.

Partenaires

BCL UNIVERSITE DE NICE - SOPHIA ANTIPOLIS

Aide de l'ANR 131 930 euros
Début et durée janvier 2012 - 36 mois

 

Programme ANR : JCJC - SHS 2 - Développement humain et cognition, langage et communication (JCJC SHS 2) 2011

Référence projet : ANR-11-JSH2-0007

Coordinateur du projet :
Madame Isabelle NEGRO (UNIVERSITE DE NICE - SOPHIA ANTIPOLIS)
isabelle.negro@nullunice.fr

 

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L'auteur de ce résumé est le coordinateur du projet, qui est responsable du contenu de ce résumé. L'ANR décline par conséquent toute responsabilité quant à son contenu.